Anthony Bowie : son triple-double polémique en 1996

Conclure un match sur un triple-double est gratifiant pour un joueur, preuve qu’il a beaucoup apporté à son équipe. Pourtant, il y en a pour qui ce genre de performance est associé à la polémique. C’est le cas d’Anthony Bowie en 1996 sous le maillot des Orlando Magic.

Le 31 décembre 1991, Anthony Bowie signe un contrat avec la franchise floridienne. Lors de sa cinquième saison, il se donnera en spectacle le 19 mars 1996 face aux Detroit Pistons (Grant Hill, Allan Houston, Otis Thorpe, Joe Dumars). Très en vue, titulaire au poste d’arrière, il claque son premier triple-double en carrière ce soir-là avec 20 points (8/14 aux tirs et 4/5 aux lancers-francs), 10 rebonds et 10 passes en 41 minutes. Le Magic n’éprouvera pas de difficultés à obtenir sa cinquantième victoire en 67 matchs : 113-91.

A UNE PASSE DU TRIPLE-DOUBLE

A 2,7 secondes de la fin, il réussit à prendre son 10ème rebond de la partie et dans la foulée, demande un temps-mort. A cet instant, il lui manque une passe pour valider son triple-double. Brian Hill lui file le clipboard (la planchette à pince) et s’écarte du groupe. Un système de jeu est mis en place par Anthony Bowie qui va tout faire pour comptabiliser cette fameuse dixième passe.

En sortie de temps-mort, sans défense des Pistons qui ont décidé de ne pas jouer la dernière action et de quitter le terrain, le Magic va donc jouer la dernière action. Joe Wolf, pivot remplaçant d’Orlando, effectua une longue passe à destination de Bowie, qui transmettait le ballon à Jacque Vaughn. Le meneur “back up” de Penny Hardaway dunke le cuir dans le panier, faisant ainsi valider la 10ème passe de Bowie. 112ème et 113ème points du Magic. Le buzzer retentit. Une fin de rencontre extrêmement commentée.

Cette action a eu de très mauvais échos du coté des Pistons. Le coach Doug Collins n’a pas masqué sa colère, sachant que son équipe était déjà malmené. Une action vraiment inutile, seul l’écoulement des 2,7 secondes suffisait pour clore le match sans fioriture. Manque de classe, ce comportement de Bowie a été très commenté aux Etats-Unis, jugé inacceptable au point que Doug Collins a mangé une “amande” de 5000 dollars pour ne avoir joué cette ultime action. “J’apprécie Anthony, c’est un super jeune gars. Il a de l’exubérance. C’était peut-être la seule chance qu’il avait de faire quelque chose comme ça (le triple-double). Mais quand vous perdez un match comme ça, ça ne nous met juste pas bien.”, regrettait le head coach de Détroit. (The Oklahoman)

ANTHONY BOWIE ASSUME SANS REGRETS

Quelques années après, Bowie n’éprouve aucune pointe d’amertume quant à son geste pour obtenir son triple-double : “Des regrets ? Non, je ne comprends pas pourquoi les gens disent que je devrais en avoir pour mon triple-double. Le triple-double est dans les livres, peu importe comment cela s’est produit. Si les gars voulaient m’arrêter, ils auraient dû m’arrêter. Je retiens aucune rancune ou mauvaises pensées envers quiconque. Je me sens pas mal d’avoir fait ça. Ça n’était pas pour embarrasser, ou blesser quelqu’un”. (The Oklahoman)

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