Mondial 1994 : une Team USA écrasante et championne du monde au Canada

L’effectif de Team USA a été entièrement renouvelé pour le Mondial 1994 face à laquelle leurs adversaires n’ont rien pu faire pour les stopper offensivement. Renommée la “Dream Team 2”, les Américains s’étaient baladés au pays du sirop d’érable.

Deux ans après le sacre de la Dream Team au JO de Barcelone en 1992, l’équipe américaine qui a participé au Mondial 1994 au Canada ne comptait aucune champion olympique dans son roster. Les légendes comme Michael Jordan, Magic Johnson ou Larry Bird ont laissé leurs places à toute autre génération talentueuse tels que les intérieurs Alonzo Mourning (24 ans) Shaquille O’Neal (22 ans), les ailiers Shawn Kemp et Larry Johnson (25 ans tous les deux).

Ces jeunes joueurs de l’époque étaient encadrés par des ceux d’expérience comme Dominique Wilkins (34 ans) ; Joe Dumars (31 ans). L’effectif de Team USA était complété par les shooteurs Reggie Miller, Dan Majerle, Mark Price, le meneur Kevin Johnson, l’ailier Derrick Coleman et l’arrière Steve Smith. Tous ces joueurs étaient coachés par Don Nelson. Tous les matchs de ce championnat étaient répartis sur trois parquets : deux à Toronto (Skydome, Maple Leaf Gardens) et le dernier à Hamilton (Coops Coliseum).

Comme leurs prédécesseurs à Barcelone, cette équipe renommée la Dream Team 2 a étouffé ses adversaires dans ce mondial canadien. Et dès le premier tour, Team USA remportait trois victoires en autant de rencontres, dans son Groupe A, en inscrivant plus de 100 points : 115-100 face à l’Espagne ; 132-77 contre la Chine ; 105-82 face au Brésil. Une différence de points nettement positive (352 points marqués pour 259 encaissés soit + 93).

Au second tour, bis répétita, les Etats-Unis n’étaient pas grandement bousculés et alignaient trois nouvelles victoires d’affilée : 103-74 contre l’Australie ; 134-83 contre Porto Rico ; 111-94 face à la Russie.

En demi-finale, elle affrontait la Grèce et se qualifiait aisément 97-58. Il s’agit alors du seul match où les Américains n’atteignaient pas les 100 points.

En finale, Team USA croisait sur le chemin la Russie. Les américains étalent leur talent sur le terrain et explosent la défense russe pour cet ultime match du tournoi : 46 points d’écart : 137-91. Record de points inscrits dans une finale de championnat du monde. Les Etats-Unis menaient déjà de 33 points à la pause (73-40). Dominique Wilkins finit meilleur scoreur de la rencontre avec 20 points. Mourning et Kemp marquaient eux 15 et 14 points. Derrière Shaquille O’Neal réalisait un joli double-double : 18 points, 10 rebonds. Le jeune pivot du Magic a été élu MVP de la compétition. O’Neal sortait d’une excellente première saison NBA  sous le maillot d’Orlando avec 29,3 points et 11,4 rebonds de moyenne.

SHAQUILLE O’NEAL ET REGGIE MILLER AU TOP

Tout au long de ce tournoi, le pivot américain s’est révélé aux yeux du public canadien terminant meilleur marqueur de la sélection US avec 18 points par match (soit le huitième de la compétition). L’intérieur du Magic attrapa aussi 8,5 rebonds en moyenne (meilleur rebondeur de son équipe et quatrième du tournoi). On nota aussi ses deux excellentes performances face à Porto Rico (29 points à 12/15 à deux points et 5/7 au lancers-franc plus 7 rebonds) et au Brésil (27 points à 12/15 et 3/5 aux lancers plus 11 rebonds).

Head coach des Golden State Warriors à cette époque, Don Nelson a reconnu le très bon état d’esprit affiché par Shaquille O’Neal lors de cette aventure commune dans un article publié sur archive.usab.com le 25 février 2010 (Usabasketball.com) :

« La chose dont je me rappelle et qui mettait notre équipe entièrement à l’aise est le fait que Shaquille a demandé à entrer en jeu. Il n’a pas voulu commencer, donc j’ai fait débuter Alonzo Mourning ou un des autres bigs men que j’avais. Shaq était à sa manière le leader de cette équipe. Ne pas débuter était une des caractéristiques de son leadership. Mais il était là pour chaque entrainement, à travailler dur et a vraiment donné le ton. Je me rappelle la première fois où nous avons juste fait quelques tours autour du gymnase, il a mené l’équipe entière dans les sprints. Cela donnait justement le ton ». 

Outre un efficace O’Neal, Reggie Miller, le sniper des Pacers avait encore démontré ses qualités de shooteur cette fois face au public canadien. Il réalisa deux gros matchs au scoring : 31 points face à l’Australie (4/4 à deux points, 5/6 à trois points, 8/8 au lancer-franc) ; 28 points contre Porto Rico (1/1 à 2 pts ; 8/11 à 3 points ; et 2/2 au lancer-franc. L’arrière américain concluait le championnat du monde avec 17,1 points par match.

LES SOUVENIRS DE DON NELSON

Team Usa, avec cette huitième victoire dans cette compétition, aura gagné tous ses matchs avec une moyenne de 37,7 points d’écart. Avec 120,1 points inscrits et 82,4 points encaissées, 43,3 rebonds et 20,8 passes décisives, les “ricains” glanaient la médaille d’or huit ans après leur dernier sacre en 1986. Trois joueurs américains ont été nommés dans le meilleur cinq du tournoi : Shaquille O’Neal, Reggie Miller et Shawn Kemp.

Le coach Don Nelson se remémorait lors de cette campagne internationale de l’unique match serré de ce Mondial 1994, soit la défaite la moins sévère infligée par les Américains face à une certaine nation d’Europe:

« Dans tous les cas, les équipes étaient en admiration devant les basketteurs américains avant et après le match car nous battons tout le monde fermement. Je me souviens lorsque nous avons joué contre l’Espagne. Ce fut le seul match serré auquel nous avons eu le droit. Nous avions une grande avance dans le match. Et j’ai essayé de faire jouer beaucoup de gars qui n’avaient pas tant l’occasion de jouer. J’ai donc essayé d’avoir 9-10 hommes dans la rotation. L’Espagne se mettait à revenir au-delà des 14 points. Et vous auriez pensé qu’on aurait perdu le titre mondial de la manière dont la presse avait traité le match. Mais nous avons gagné seulement de 15 points. Ce fut le seul match serré auquel on a eu à faire face. Et je ne dirais pas vraiment que c’était serré »

Et d’ajouter :

« J’ai entraîné pendant 40 ans ou peu importe, et c’est probablement le moment le plus marquant de ma carrière entière. C’est quelque chose que nous avons fait librement. Nous l’avons fait pour notre pays. Nous n’avions pas gagné de médaille d’or depuis longtemps dans un Championnat du monde et c’était vraiment un moment spécial ».

Objectif atteint pour Don Nelson et cette Dream Team II qui a gagné ce tournoi dont la médiatisation laissait à désirer. (eh oui, c’est quand même passé inaperçu cette victoire américaine contrairement au sacre olympique d’il y a deux ans).

Suite à ce nouveau sacre américain sur la scène internationale du basket, les médias ont commencé à parler de la comparaison entre la Dream Team 1 et la Dream Team 2, à savoir laquelle de ces deux équipes était la plus forte. Les membres de ces deux équipes ont commencé à donner leur avis par presse interposé. Un organisateur voulait d’ailleurs choisir une date pour un match entre ces deux sélections américaines au Madison Square Garden. Celle-ci n’a finalement pas eu lieu car la NBA l’a interdit.

(c) usab.com

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