Playoffs 2009 : Celtics-Bulls, un Game 6 irrespirable et 3 prolongations

En 2009, Chicago et Boston s’étaient livrés à un incroyable combat au premier tour des playoffs à l’Est. Lors de la sixième manche, les Bulls sont restés en vie en égalisant à 3-3 après une triple prolongation. Une soirée de basket carrément envirante pour les spectateurs. Détails. 

On pourrait croire que Boston, deuxième de l’Est (62 victoires-20 défaites), allait dominer Chicago (41 victoires-41 défaites), septième dans ce premier tour. Mais les playoffs sont un moment à part et complètement différent de la saison régulière. Les Celtics menaient 3 victoires à 2 dans cette série palpitante et ce sont des succès qui ont été durs à aller chercher pour le champion NBA 2008 : Game 2 (victoire 118-115), Game 5 (victoire 106-104).

Le 30 avril 2009, les deux franchises font leur retour dans l’Illinois au United Center pour ce Game 6 auquel a assisté les 23 430 spectateurs. C’est un win or go home pour la franchise symbolisée par le taureau.

BRAD MILLER, FACTEUR X

A l’image de cette confrontation depuis le départ, Boston et Chicago sont au coude-à-coude, une partie marquée par l’altercation entre Kirk Hinrich et Rajon Rondo dans le premier quart-temps. Et à une minute de la fin du dernier quart-temps de ce sixième match, les Celtics semblaient bien parti pour obtenir leur quatrième succès, et se hisser en demi-finale de conférence en menant 101-96 à une minute de la fin. Mais un joueur de Chicago ne l’entendait pas de cette oreille. Si on attendait Ben Gordon ou Derrick Rose pour être clutch, c’est un joueur sorti du banc des Bulls qui s’est montré décisif pour combler le retard : Brad Miller. Avec un tir longue distance et un lay-up, le pivot et joueur All-Star en 2003 et 2004, emmèna son équipe en prolongation au terme des 48 minutes : 101-101. Chicago aurait pu éviter ce scénario si Gordon avait réussi sa tentative de shoot auparavant.

Il s’agit de la cinquième prolongation dans cette série entre ces deux équipes. A 2:13 de celle-ci, Miller écœure à nouveau les Celtics en inscrivant deux points supplémentaires: 107-103 pour Chicago. Paul Pierce obtiendra ensuite 4 lancers-francs sur différentes séquences dans ce premier “overtime”. Sans en manquer un, “Double P” permet à Boston d’égaliser : 107-107.

Altercation Kirk Hinrich – Rajon Rondo – Game 6 Boston-Chicago (c) Getty Images
JOHN SALMONS NE VEUT PAS RENDRE LES ARMES

A 43 secondes de la fin, les Celtics prennent un temps-mort. Sur la remise en jeu, c’est « Big Baby » Davis qui reçoit le ballon sur une passe de Rajon Rondo. Le pivot réussit un shoot et redonne deux points d’avance aux C’s: (109-107). Et encore une fois à Chicago, un autre joueur va remettre dans le bon sens son équipe. A près de 23 secondes du terme de cette première prolongation, John Salmons marque sur un lay-up. Egalisation 109-109. Fin de la première prolongation. Les deux équipes sont prêtes à jouer une seconde prolongation (la sixième de cette série).

Au bout de trois minutes dans cette deuxième prolongation, John Salmons marquera 7 points, permettant aux Bulls de mener 116-113.  A 17 secondes de la fin, ils maintiennent leur avance de trois points : 118-115. Il reste 7 secondes à écouler pour voir Chicago arracher ce fameux 7ème match. Mais Ray Allen saisit le ballon et dégaine une fois encore à trois points. Le ballon rentre dans le cylindre. 118-118. Le sniper des Celtics inscrit là son neuvième panier derrière l’arc de cercle. Un record NBA égalé dans l’histoire des playoffs. Avec ces trois points supplémentaires, Allen et ses coéquipiers arrachent une troisième prolongation. La folie est plus qu’ambiante. On atteint des sommets. Quelle débauche d’énergie. 

John Salmons au panier – Game 6 Boston-Chicago – Playoffs 2009 (c) European Pressphoto Agency
CHICAGO VAINQUEUR APRES 63 MINUTES

Cette fois-ci, Chicago va réussir à définitivement prendre le dessus sur leurs adversaires ô combien coriaces marqué par la belle interception de Joakim Noah sur Paul Pierce. L’intérieur français récupère le ballon et claque un dunk suivi de la faute. Il transforme le lancer : 126-123 pour Chicago. Il reste 35 secondes. Les Celtics vont rater plusieurs tirs dont un de Rondo, contré par Rose à 7,9 secondes.  D-Rose après avoir pris le rebond défensif remonta tout le terrain et subira une faute. Deux lancers à suivre qu’il manquera. Rondo armera un dernier tir à 3-points totalement raté. 

Les C’s s’inclinent finalement 128-127 au bout de 63 minutes de jeu. Les Bulls de Vinny Del Negro survivent. Joakim Noah bondit sur le terrain, fier de ce troisième succès des Bulls et qui vient taper dans les mains du public le long de la ligne du terrain. Pas étonnant que tous les joueurs aient fini éreintée ce titanesque et mémorable sixième match de playoffs. Dans cette rencontre, on comptera 17 égalités au score et 21 fois on a eu le droit à un changement de leader.

Joie de Joakim Noah – Game 6 Boston-Chicago (c) Getty Images

Décevant au match 5 avec 10 points à 3/8, Ray Allen a été transfiguré dans ce Game 6 et aura pris feu en plantant avec 52 points 18/32 aux tirs dont 9/18 à 3 points. Rondo frôle le triple-double avec 8 points, 9 rebonds et 19 passes. Les Celtics ont pu compter aussi sur Glen Davis (22 points, 7 rebonds) et Paul Pierce (22 points, 9 rebonds).

A Chicago, John Salmons a marqué 35 points (13/22 aux tirs dont 5/9 à 3-points et 4/4 aux lancers-francs), 6 rebonds et 4 passes. Derrick Rose finit ce match avec 28 points (12/25 aux tirs dont 4/6 à 3-points, 8 rebonds et 7 passes. En sortie de banc, Miller signe sa meilleure performance dans cette série avec un double-double : 23 points et 10 rebonds. Ben Gordon, tonitruant en attaque avant ce sixième acte, a été maladroit cette fois-ci avec 12 points à 4/14 aux shoots.

Réaction des principaux protagonistes au terme de cette rencontre d’anthologie :

Joakim Noah (9 points, 15 rebonds) heureux de cette victoire précieuse : « Cette série est très divertissante pour les fans, les gens de Chicago, les gens de Boston. C’est beaucoup d’amusement pour nous aussi, qui jouons dans des atmosphères comme cela et sur une grosse scène. C’est spécial de prendre part à cela. Et je sais déjà que c’est une série dont les gens parleront pendant encore très longtemps ».

Kendrick Perkins : « C’est incroyable. Shoot après shoot. Dureté après dureté. C’est une série coriace. Les Bulls sont une jeune équipe qui joue avec beaucoup de confiance ».

Ray Allen, déçu malgré son gros match au shoot : « C’est très mitigé. Il n’y a vraiment rien à dire désormais. Nous avons perdu et étions à l’agonie. C’était insuffisant ».  

Paul Pierce, qui admet que cette série de playoffs est vraiment indécise : « Je ne sais vraiment pas quoi vous dire sur cette série. C’est un enchaînement de matchs phénoménaux entre les deux équipes ».

John Salmons : “C’est le meilleur match que j’ai joué. C’était une de ces choses où vous ne pouviez pas garder votre maîtrise de soi. Nous voulions rentrer des gros shoots, et ils ont rentré des gros tirs. C’a été comme un poignard.” (New York Times).

Forcément le Game 7 allait déboucher sur le nom du vainqueur définitif de cette folle et fantasmagorique opposition. Et Boston gagnera cette ultime manche à la faveur d’un succès sans prolongation cette fois-ci (109-99) avec Ray Allen et Paul Pierce qui porté l’attaque des C’s avec respectivement 23 et 20 points.

L’exceptionnel Game 6 entre Boston et Chicago en images

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