March Madness 2018 : le parcours valeureux des Ramblers de Loyola-Chicago
En mars 2018, l’équipe masculine de basket universitaire des Loyola Ramblers a rendu fier Chicago, ville où se situe cette faculté. Coachée par Porter Moser, elle a réussi à se hisser au Final Four de la March Madness cette année-là. L’aventure s’arrêtera en demi-finale nationale contre les Michigan Wolverines.
Loyola n’était pas considéré comme la formation universitaire la plus athlétique. Tête de sérié numéro 11, dans la partie de tableau Sud du tournoi, les Ramblers ont gagné leurs trois premiers matchs sur de petits écarts. A chaque fois, un joueur différent a pris ses responsabilités dans les dernières secondes pour rafler la victoire.
Trois victoires étriqués de suite
Le 15 mars 2018, pour leur premier match dans ce tournoi universitaire de renom depuis 1985, les Ramblers étaient confronté aux Hurricanes de Miami, tête de série numéro 6, à l’American Airlines Center de Dallas. Cette rencontre est ultra-serré. Miami mène d’un point à 9 secondes de la fin et manque un lancer franc crucial. Le héros dans les rangs de Ramblers se nomme Donte Ingram. Après ce lancer loupé chez les Hurricanes, Ingram attrape le ballon, remonte le terrain et arme un tir à 3 points depuis le logo à environ 9 mètres. Son tir fait mouche. L’horloge annonce 0,3 secondes à écouler. Il s’agira du dernier shoot réussi de cette rencontre. Victoire de Loyola 64 à 62. Ingram, 13 points, 7 rebonds, fait gagner ses partenaires sur un troisième tir derrière l’arc sur son 8ème essai.
Au match suivant, le 17 mars 2018, dans la meme salle texane, Loyola défie la tête de série n°3 de la région, Tennessee, une équipe réputé physique et athlétique. Tennessee possède un point d’avance à 20 secondes de la fin de la partie. Loyola dispose d’une possession importante pour passer devant au score et obtenir une victoire. Le héros cette fois-ci s’appelle Clayton Custer. Le meneur de jeu des Ramblers arme un tir à mi-distance. Le ballon touche le haut du cercle, s’élève dans les nuages avant de transpercer miraculeusement les filets. Un tir dingue réussi à 3,6 secondes de la fin. Loyola passe devant et gagne le match 63 à 62. Ce panier improbable de Custer confirme que les Ramblers ont une bonne étoile en eux. Loyola se qualifie pour le prochain tour, direction le Sweet 16 (demi-finale régionale). Custer finit à 10 points. A noter qu’en sortie de banc, Aundre Jackson score 16 points à 5/7 aux tirs.
Le 22 mars 2018, les Ramblers se déplacent à la Philips Arena d’Atlanta pour affronter les Wolf Pack du Nevada, tête de série numéro 7. Durant ce match couperet, Loyola mène de 12 points, mais se relâche, voyant Nevada revenir à une unité à dans la dernière minute. Côté Ramblers, Marques Townes va sortir du lot. Face à une pression forte, il marque un tir à 3 points décisif à 6 secondes de la fin pour redonner 4 points d’avance à son équipe, le deuxième en autant de réussite dans cet exercice. Les Ramblers mènent 69 à 65. Nevada marquera à 3-points grâce à Cody Martin. Ca sera insuffisant pour Nevada. Loyola gagne 69 à 68 et devient la première fac de l’histoire de la March Madness à gagner ses trois premiers matchs par un total de 4 points ou moins. Ils valident leur ticket pour l’Elite 8 (finale régionale). Townes finit avec 18 points, 4 rebonds et 5 passes.
En finale régionale, le 24 mars, les hommes de Porter Moser livrent une prestation aboutie en dominant les Wildcats de Kansas State : 78 à 62, se qualifiant pour le Final Four qui s’était déroule à l’Alamodome de San Antonio. Loyola a fini à 57,4 % de réussite aux tirs (un taux considérable à ce stade du tournoi. Ils ont enregistré 20 passes décisives sur 27 paniers marqués. Après Ingram, Custer et Townes lors des précédentes rencontres, c’est au tour de Ben Richardson de briller et de se distinguer. Timide en attaque depuis le tournoi, il réalise le match de sa vie avec un total de 23 points (son record en carrière), réussissant un splendide 6/7 à 3-points, 6 rebonds et 4 passes.
Loyola a empêché Kansas State de courir, forçant un jeu demi-terrain. Les Ramblers ont limité les Wildcats à seulement 34,8 % de réussite au tir. Contrairement aux matchs précédents, les Ramblers ont maitrisé le rythme du match et comptaient 12 points d’avance à la mi-temps (36-24). Ils ne laisseront jamais les Wildcars revenir à moins de 9 points au cours de la seconde période. Avec cette victoire, Loyola-Chicago est devenue la quatrième équipe universitaire tête de série numéro 11 de l’histoire à atteindre le Final Four, après LSU en 1986, George Mason en 2006 et VCU en 2011.
En outre, elle est devenue la première université de la Missouri Valley Conference à atteindre ce stade de la compétition depuis Indiana State (et son leader offensif Larry Bird) en 1979. Ce parcours a prouvé que la “Mid-Major” (petite conférence) pouvait encore bousculer la hiérarchie du basket américain.
“Nous ne sommes pas une équipe Cendrillon. Nous sommes une très bonne équipe de basket.“, avait alors souligné Porter Moser, après ce succès et cette qualification au Final Four. Au prochain tour, les Ramblers doivent en découdre contre les Wolverines de Michigan.
Sister Jean, l’autre visage des Ramblers
La véritable star du tournoi n’était pas sur le terrain. Sister Jean Dolores Schmidt, l’aumônière de l’équipe alors âgée de 98 ans, est devenue une icône mondiale. Ses analyses techniques (elle remettait des rapports de scouting aux joueurs) et son optimisme indéfectible ont captivé les médias. Elle avait prédit que son équipe atteindrait le Sweet 16, mais les joueurs ont fait encore mieux. Après cette victoire contre Kansas State, d’ailleurs, Sister Jean ne masquait pas sa joie dans les tribunes qui a fait le tour du monde.
Michigan met fin au joli parcours de Loyola
L’euphorie de la qualification au Final Four retombera. En demi-finale nationale, les Ramblers ont fait jeu égal pendant une bonne partie du match face aux Wolverines de Michigan, un cador de la Big Ten. Pendant les 20 premières minutes, Loyola a dicté son basket, fait tourner le ballon. L’université de la ville de Chicago menait 29-22. La tendance s’est inversé au retour des vestiaires. Le pivot allemand de Michigan, Moritz “Moe” Wagner, a littéralement porté son équipe sur ses épaules en seconde période et va ecoeurer la défense de Loyola.
Wagner finit le match avec un double-double scintillant : 24 points et 15 rebonds. Sa taille et son agilité à l’extérieur ont posé des problèmes insolubles à la défense des Ramblers.
Le tournant du match est le run de Michigan qui inflige un 17-2 après que Loyola menait encore de 10 points (47-37) à 14 minutes de la fin.
L’identité de jeu de Loyola (peu de remplaçants utilisés et une intensité défensive constante) a fini par peser sur le moral des joueurs. Dans les 10 dernières minutes, les tirs qui rentraient au début du tournoi ont commencé à ne plus rentrer. De plus, les 17 ballons perdus ont été profitables à Michigan en contre-attaque qui les conclut par des paniers faciles. Victoire des Wolverines 69 à 57.
Malgré le revers qui a mis un terme à leur formidable saison (32 victoires et 6 défaites toutes compétitions confondues), les Ramblers ont quitté le terrain de l’Alamodome sous une ovation grandiose et méritée.
Sister Jean est restée sur le terrain pour réconforter chaque joueur, un moment attendrissant et fort de l’année sportive aux Etats-Unis.
“Nous n’avons pas perdu le match, nous avons juste manqué de temps. Ce groupe a changé la perception du basket à Loyola pour toujours.” a souligné Porter Moser.

