Rasheed Wallace, la naissance du Sheed à Portland

Avant de devenir champion avec les Détroit Pistons en 2004, l’homme qui ne quitte jamais son bandeau Rasheed Wallace avait crevé l’écran en NBA lorsqu’il revêtait le maillot des Blazers.  

Après la période Clyde Drexler, Terry Porter, Jérome Kersey et Clifford Robinson, Portland se reconstruit avec une nouvelle équipe, en injectant du sang neuf,  autour d’une légende du basket européen Arvydas Sabonis, un bon meneur Damon Stoudamire, et du jeune Jermaine O’Neal.

Surtout, les dirigeants de Portland feront le bon choix en enrôlant Rasheed Wallace en provenance de Washington qui recevait en retour le meneur Rod Strickland. Drafté par Washington en 1995, en 4ème position, en concurrence avec Juwan Howard et Chris Webber aux Bullets, difficile de se faire une place à D.C. Il rejoint, un an après avoir été drafté, les Blazers à l’été 1996.

ILLUMINATION A PORTLAND

Le “Sheed” éclot et deviendra un des meilleurs joueurs à son poste fin des années 90, début des années 2000 sous la tunique des Trail Blazers. Il passe de 10,6 points-4,7 rebonds lors de sa saison rookie à 15,1 points-6,8 rebonds pour sa première année à Portland. Il délivrera ensuite 15-18 points et 7-8 rebonds de moyenne avec le maillot floqué du numéro 30 les années suivantes.

Son talent offensif et défensif contrastent avec sa personnalité impétueuse qui s’est traduite par pléthore de fautes techniques. La raison ? du trashtalking, des critiques envers le corps arbitral. En 2000-2001, il comptabilisa 41 fautes techniques en 80 matchs disputés.

A Portland, les fans des Blazers se souviennent du long passage de Rasheed Wallace pour ses prestations ultra positives dans cette franchise entre 1996 et 2004. En 544 matchs joués, l’ancien ailier de North Carolina a aligné en moyenne 16,8 points et 7 rebonds. 8 saisons où il a réussi à parfaire son jeu dans l’Oregon. Une progression constante qui lui a permis d’obtenir ses deux premières sélections au All-Star Game (2000, 2001).

Prise de rebonds, défense sous les panneaux avec ses longs bras face à l’adversaire, shooteur fiable à mi-distance, “Sheed” fait partie de ces grands gabarits (2m01) qui peuvent s’écarter du cercle et faire tomber des paniers à 3-points.

En 1999-2000, Portland surfe sur leur bonne saison précédente (éliminé en finale de conférence par les Spurs après un bilan de 35 succès et 15 défaites). Avec 59 victoires et 23 défaites, ils battent Minnesota au premier tour et Utah en demi-finale de conférence Ouest.

Lors des playoffs 2000, les Blazers se hissent en finale de conférence pour affronter les Lakers du duo Shaquille O’NealKobe Bryant. Menés 3-1 dans la série, Portland réussit à trouver un second souffle grâce à Wallace entourés de joueurs d’expérience : Scottie Pippen, Steve Smith. La franchise de l’Oregon égalise à 3-3 et le match 7 au Staples Center va décider du dénouement final.

PLAYOFFS 2000 : TOUT PRES D’ALLER EN FINALE

Dans ce Game 7, à la fin du troisième quart-temps, les Blazers menaient de 13 points 71-58 face aux Lakers. Ils pouvaient même garder leurs 16 points d’avance si Brian Shaw n’avaient pas réussi son 3-points. Tout laisser penser que rien ne pouvait arriver pour Portland. Or, les 12 prochaines minutes ont été fatales à l’équipe de Portland.

Portant leur avance à +15 (73-58), les Blazers ont été complètement désorientés par leurs adversaires en encaissant un 31-13 dans le quatrième quart-temps. Les Lakers bat alors les Blazers de 5 unités (89-84). En vain, les 30 points (13/26 aux tirs dont 2/2 à 3-points) de Rasheed Wallace n’auront pas suffi. Il finit cette série avec des moyennes de 23,3 points et 7,6 rebonds.

Tout près de jouer une finale NBA, une première pour les Blazers depuis 1992 et la défaite face à Chicago, cette défaite au match 7 face aux Lakers a laissé des traces et un goût d’amertume. Pensant que ça ne pouvait que les booster, finalement, Portland décevra par la suite en se qualifiant certes pour les playoffs mais ne réussissant pas à valider son ticket d’entrée pour les finales du championnat, en étant éliminés tôt en post-season. Et ce en dépit de la bonne volonté et du bon travail fourni sur le parquet par Rasheed Wallace.

RASHEED WALLACE : 42 POINTS

Passé cette défaite face aux Lakers, au cours de la saison 2000-2001, à domicile, devant le public du  Moda Center, il fit une démonstration de sa palette offensive face aux Denver Nuggets d’Antonio Mcdyess le 20 février 2001 avec Portland qui réalisait une fantastique saison (37 victoires et 16 défaites). Rasheed Wallace offrait une belle 38ème victoire pour son équipe en plantant 42 points (17/27 aux tirs et 4/7 à 3-points et 4/5 aux lancers-francs) ajoutés à ses 7 rebonds et 5 passes.

“Roscoe” bat son record de points dans un match de saison régulière. Il dépasse son précédent sur une rencontre lorsqu’il réussit un panier à 3-point à 2:44 de la fin du match, donnant 14 points d’avance aux Blazers. Son précédent record, ce sont 38 points marqués face à Sacramento le 21 décembre 1996.

Avec ses 42 unités, Wallace était celui qui avait inscrit le plus grand nombre de points dans l’histoire des Blazers depuis Clyde Drexler en 1992 (48 points). Il rejoint les joueurs de Portland à avoir atteint la barre des 40 points et plus en compagnie donc du Glide mais aussi Geoff Petrie, Maurice Lucas, Kiki Vandeweghe, Cliff Robinson, Terry Porter, Isaiah Rider.

A 29 ans, au cours de la saison 2003-2004, il quitte Portland pour rejoindre Atlanta. Un passage express avec les Hawks. 10 jours plus tard, la franchise de Géorgie le transfère à Détroit. Avec les Pistons, le gamin de Philadelphie humera enfin le parfum des finales NBA quelques mois après son arrivée dans le Michigan. Plus que sentir l’ambiance électrique des finales, il goûtera à la victoire finale. Ironie du sort ou pas, il gagnera cette finale face aux Lakers, une franchise contre laquelle il avait perdu 4 ans plus tôt avec Portland. Une belle revanche face à Shaq et Kobe.

Les 42 points de Rasheed Wallace avec Portland

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