Michael Jordan à North Carolina : son game-winner en finale NCAA 1982

L’image dont on se souvient de Michael Jordan en NCAA est celle de son panier décisif en 1982. Lors de la finale universitaire, avec North Carolina, MJ rentrait ce shoot face aux Hoyas de Georgetown. Un match qui s’est fini par le sacre des Tar Heels. Précisions.

Pour sa première saison sous les couleurs bleu ciel et blanches des Tar Heels de North Carolina, Jordan a vécu des émotions pleines. Sa fac s’envolait vers le Final Four NCAA en 1982 après son succès en finale régionale contre Villanova (70-60).

En demi-finale nationale, UNC devait en découdre face à la fac de Houston emmenée par un excellent pivot Hakeem Olajuwon, l’arrière Clyde Drexler et l’ailier Michael Young, le futur champion d’Europe 1993 avec Limoges. Au terme d’un match étriqué, Jordan North Carolina gagnent cette demi-finale 68-63 et se hissent en finale pour jouer face aux Hoyas de Georgetown de Patrick Ewing.

Les deux finalistes ont eu le privilège de s’affronter au Superdome de la Nouvelle Orleans. Le 29 mars 1982, jour de la finale, 60 000 spectateurs s’étaient réunis pour assister à cette ultime rencontre de la saison universitaire en 1982. Près de 80 millions de téléspectateurs avaient suivi de près le match devant leurs écrans.

Le soir de cette finale, la tension fut palpable sur le parquet. A 1:15 de la fin, Matt Doherty perdait un ballon mais l’arbitre sifflait faute en sa faveur. Il se retrouve sur la ligne des lancers. Doherty rate un lancer-franc qui aurait permis à UNC de mener deux points : 62-60. Suite à l’échec de Doherty, Georgetown prit le rebond et repassait devant au tableau d’affichage grâce à un tir d’Eric Floyd. Les Tar Heels sont menés alors d’un point à 32 secondes du terme de la rencontre : 62-61 pour Georgetown à 50 secondes de la fin du match. UNC remet la balle en jeu, fait circuler le ballon. Le coach Dean Smith prend un temps-mort à 32 secondes de la fin pour mettre en place un système d’attaque et repasser devant au score.

Selon ESPN, lors de ce temps-mort, Dean Smith disait à son cinq majeur (composé de Michael Jordan, James Worthy, Sam Perkins, Matt Doherty, et Jimmy Black) : «  on va passer au système 2-3 offense ». On apprend que l’option numéro une était d’effectuer une passe lobée pour Worthy. Si ce n’était pas possible, le plan B était de trouver Jordan en bonne position de tir sur une passe de Black dont le rôle était d’essayer de bien étirer la défense adverse en traversant le terrain.

MICHAEL JORDAN DÉCISIF POUR SA PREMIÈRE ANNÉE 

A la fin du temps-mort, le ballon est entre les mains de North Carolina avec les plus de 60 000 spectateurs qui crient à pleins poumons. La remise en jeu est effectué par Black sur le côté de la touche. Il regarde à l’intérieur du parquet et donne le cuir pour James Worthy qui balance rapidement une passe à Jordan sur le côté gauche.

Sur ce coin du terrain, le futur grand scoreur des Chicago Bulls profite d’un excellent écran posé par Worthy. Jordan se met en position de tir et tente un jump shoot gagnant, lui qui avait réussi à intercepter le ballon des mains du géant Patrick Ewing sur la possession précédente. Le ballon rentre dans le cylindre et traverse le filet blanc. Jordan permIt à UNC de mener 63 à 62. Panier de la victoire ? Peut-être mais il restait 15 secondes à Georgetown pour réussir à renverser la tendance.

Mené donc d’un point, Georgetown se précipita pour prendre la balle en haut du terrain. « Nous aurions pu demander un temps mort et installer un système de jeu, mais je n’aurais pas su quel genre de défense Dean Smith allait utiliser. Donc j’aurais gaspillé mon temps en mettant en place une attaque un jeu. Nous étions dans une bonne position en ne demandant pas le temps mort et les laissant deviner ce que nous allions faire », disait John Thompson, coach de Georgetown.

L’ERREUR DE ERIC FLOYD

Thompson ordonna à son équipe de remonter le terrain et de l’utiliser au maximum pour opérer une attaque. Fred Brown, cuir dans les mains, voit son coéquipier Eric Floyd sur sa droite mais celui-ci s’éloigne un peu trop pour recevoir le ballon qui finalement tombe étrangement dans les mains de Worthy qui surgit en trombe. Moment irréel. Incompréhension, manque de lucidité pour Floyd croyait donner le ballon à un de ses coéquipiers.

Les secondes s’égrènentMais Worthy est attrapé par derrière et une faute est commise sur le futur MVP des finales NBA 1988 avec deux secondes à jouer. Doherty, en larmes, sent que le titre NCAA ne peut plus échapper à UNC, lui qui pensait quelques secondes auparavant que UNC le trophée lui avait échappé à cause de sa mauvaise action (le lancer-franc loupé). Le banc de UNC est hystérique sauf pour Dean Smith qui hurle et tempère: « Calmez-vous, ce n’est pas fini ».

Thompson utilise son dernier temps mort. James Worthy est envoyé sur la ligne et rate anormalement deux lancers qui auraient permis à UNC de mener de + 3 : 65-62. Doherty n’en croit pas ses yeux. Le match peut basculer. Le suspense est à son maximum. L’air devient irrespirable. Tous ont hate de savoir qui va remporter cette finale.

Après le deuxième lancer raté de Worthy, Ed Spriggs prit le rebond et lançait le ballon rapidement à Floyd qui jette un tir de 50 mètres qui ne rentrera pas. C’est enfin la fin du match, North Carolina est champion universitaire 1982 pour la seconde fois de son histoire après le sacre de 1957 (cinq de toute l’histoire d’UNC en comptant ceux de 1993, 2005 et 2009). C’est l’envahissement du terrain à la Nouvelle-Orléans.

Les deux coachs universitaires de légende Dean Smith et John Thompson se font une accolade à l’issue de cette finale. Jimmy Black, tombait à genoux, fermait ses yeux et tenait sa tête avec ses paumes de main, prenant le temps de réaliser qu’il était devenu champion NCAA. On apprend d’ailleurs que Black, joueur senior UNC, avait contacté son équipe pour se réunir et discuter de la potentielle victoire d’un championnat NCAA pour Dean Smith quelques semaines plus tôt, Malgré ses efforts pour se retenir, Smith ne peut cacher ses émotions et laisse apparaître ses larmes et fait une accolade à son assistant Roy Williams.

A la fin du match, Jordan se dirigait vers le panier pour découper le filet, tradition oblige dans le basket lorsqu’on gagne un trophée. Ce match mémorable est même sorti en DVD aux Etats-Unis.

Michael Jordan finit ce match avec 16 points à 7/13 aux tirs, 9 rebonds, 2 passes et 2 interceptions. James Worthy est élu Most Outstanding Player (MOP) avec ses 28 points à 13/17 aux tirs (mais 2/7 aux lancers-francs).

En face, Patrick Ewing finit sur un double-double (23 points, 11 rebonds). Sleepy Floyd a fournit un match complet avec 18 points, 3 rebonds, 5 passes et 4 interceptions. Eric Smith a mis 14 points et délivré 5 passes.

Lors de ce dernier match de la saison universitaire, Jordan finira celle-ci avec d’excellentes stats en tant que freshman (joueur de première année) : 13.5 points à 53,4 % aux tirs ; 4.4 rebonds ; 1.8 passes décisives et 1,2 interceptions en 34 matchs. Cette ligne de stats lui vaudra les honneurs puisqu’il reçoit le trophée du meilleur freshman de la région ACC (Atlantic Coast Conférence). Jordan indiquera que ce titre universitaire a été un tournant majeur pour sa carrière de basketteur.

Le panier de Michael Jordan en 1982

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *