Glenn Robinson, la tête d’affiche de Purdue

La fac de Purdue a vécu deux belles années de basket de 1992 à 1994 grâce à l’adresse et au rendement de Glenn Robinson, porteur du numéro 13. L’ailier a ainsi porté chance à l’équipe surnommée les Boilermakers. Portrait.

Avec l’équipe du lycée des Roosevelt Panthers à Gary dans l’Indiana, Glenn Robinson a mené celle-ci à un bilan remarquable de 73 victoires et 7 défaites sur ses 4 ans (1987 à 1991). Pour sa saison senior, il a été nommé « Indiana Mr.Basketball » grâce à cette ligne de stats impressionnante : 25,6 points, 14,6 rebonds 3,8 contres par match. Il enregistre un record historique en totalisant 1710 points inscrits.

PATIENCE EN NCAA

En 1991, âgé de 18 ans, il est recruté par la fac de Purdue entraînée par Gene Keady. Or, Glenn Robinson devra faire preuve de patience à jouer ses premiers matchs universitaires en tant que freshman avec les Boilermakers (= les chaudronniers, surnom des joueurs de Purdue). D’après la Proposition 48 définie par la NCAA, ses résultats scolaires au lycée se révèlent insuffisants pour qu’il puisse vivre sa première année sur les terrains universitaires en 91-92. En conséquence, loin des atmosphères basket, des gouttes de transpiration qui découlent de son front, des batailles dans la raquette, Glenn Robinson travaillera en tant que soudeur.

Un an plus tard, Robinson revêtit enfin son maillot de Purdue et ses sneakers pour sa première saison NCAA considéré alors comme un sophomore (joueur de deuxième année) lors de la saison 1992-1993. L’ailier-fort profite bien des minutes passées sur les terrains et démontrent sa supérorité face aux adversaires. En 28 apparitions sur les parquets universitaires, Robinson flirte avec le double-double de moyenne: 24,1 points (47,4 % aux tirs, 40 % à 3-points, 74,1 % aux lancers-francs), 9,2 rebonds, 1,8 passe, 2 interceptions et 1,2 contre. Complet pour sa première saison, Robinson est de loin le meilleur scoreur de Purdue devant son partenaire Cuonzo Martin (11,9 points). Sur les 28 matchs disputés, il en conclut 13 avec un double-double et 27 avec au moins 10 points marqués.

Celui du 13 février 1993 est frappant pour les médias et les fans de Purdue. Robinson plante 42 points face aux Badgers du Wisconsin de Michael Finley, auteur de 33 points. Victoire 90-87 après deux prolongations des Boilermakers. Dans le second overtime, il contra un tir adverse qui aurait pu permettre à Wisconsin d’égaliser si celui-ci était rentré dans le cercle. L’ailier de 2m01 rentrera deux lancers précieux pour sécuriser le succès des siens.

Qualifié pour le tournoi NCAA en 1993, Purdue affrontait Rhode Island à East Rutherford au premier tour dans la zone East. Malgré un énorme match délivré par Robinson (36 points à 12/20 aux tirs et 7/10 aux lancers-francs), les Boilermakers s’inclinaient 74-68 le 18 mars 1993.

La saison suivante (1993-1994), Purdue démarre en fanfare enchaînant 14 victoires consécutives dont 12 face à des équipes hors de leur conférence, la Big 12. C’est le meilleur départ des Boilermakers dans son histoire. Cette série s’est arrêtée le 15 janvier 1994, lors d’une défaite face au Wisconsin, 75-69.

Glenn Robinson – Purdue (c) Bleacherreport.com

Le 5 janvier 1994, lors de la première confrontation de cette saison face à une équipe de la Big 12, NorthWestern, Robinson fait gagner son équipe. Il réussit un tir de 3 mètres à 8 secondes de la fin du match. A ce moment-là, il valide ses 33 ème  et 34ème  points du match. Le « Big Dog » terminera avec un double-double colossal avec 14 rebonds et 2 contres. Victoire 68-67 de Purdue. « Nous n’avons pas pris nos adversaires à la légère », déclara Robinson après cette victoire, la 12eme de suite lors de cette série de 14 victoires. A la fin de la saison régulière, les hommes de Gene Keady affichaient un beau bilan de 26 victoires et 5 défaites.

49 POINTS FACE A ILLINOIS EN 94

Au cours  de la 26ème victoire des Boilermakers, celle contre Illinois en finale de la Big 12 (87-77) le 12 mars 1994, Glenn Robinson fait parler de lui. Il marque la moitié des points avec 49 points (18/26 aux tirs dont 5 paniers à 3-points et 8/10 aux lancers-francs). Sur deux séquences du match, il plante 10 et 13 points de suite. Les Boilermakers remportaient ainsi le titre de la Big 12, une première depuis 1988. Le record de points précédent du Big Dog datait du 13 février 1993 : ses 42 points contre le Wisconsin.

Il détient alors le deuxième meilleur total de points marqués par un joueur de Purdue, le premier étant Rick Mount en 1970 face à Iowa avec 61 points . Après ce match face à Illinois, Robinson relativisait sa grosse perf en attaque : « C’était un super match. C’était le bon moment pour être In The Zone, dans ce dernier match, à domicile, et le titre de champion Big 12Peu importe si je marque 2 points du moment que nous gagnions.  Si j’avais marqué 50 points, et que nous perdions, ca n’aurait pas été bon ». (source : The Register Guard, journal de l’Oregon daté du 14 mars 1994)

Gene Keady ne pouvait qu’être fier des efforts fournis par son ailier titulaire : « Glenn a été incroyable aujourd’hui, j’ignorais qu’il pouvait marquer autant de points. Je n’avais pas idée qu’il en avait 49. Il continue à travailler et ses coéquipiers continuent à l’aider. C’est époustouflant ce qu’il a réalisé cette année ». Lou Henson, coach de Illinois, félicitait tout simplement ce Glenn Robinson : « Nous n’avons jamais eu dans la Big 12 un joueur d’impact comme Glenn. Il est génial ». (source : « Most Memorable Moments in Purdue Basketball History »)

Purdue se concentrait désormais sur la phase finale du tournoi NCAA. Dans la zone Southwest, les Boilermakers étaient opposés à Central Florida au premier tour. Succès aisé 98-67 le 17 mars 1994 avec 31 points de Robinson (10/20 aux tirs et 6/8 aux lancers-francs) et 20 points de Cuonzo Martin. Au tour suivant, Purdue devait en découdre contre Alabama (Antonio Mcdyess, Jason Caffey) le 19 mars 1994. Robinson réalisa un match monstrueux en attaque avec 33 points (12/22 aux tirs et 7/9 aux lancers-francs). Victoire 83-73. Purdue s’en va alors défier en demi-finale régionale le Kansas de Greg Ostertag, Scott Pollard et Jacque Vaughn.

UN MATCH A 44 POINTS 

Dans ce match couperet, les Boilermakers étaient chauffés à bloc (normal pour des chaudronniers me diriez-vous), et se débarrassent au bout du bout des Jayhawks (83-78. Glenn Robinson n’inscrit pas 30 points et plus cette fois-ci sur ce tournoi NCAA mais 44 points (15/33 aux tirs dont 6/10 à 3-points) avec 7 rebonds. (voir vidéo en fin d’article) « Nous ne sommes pas une équipe qui compte sur un homme. Quand vous venez sur moi, vous laissez Cuonzo Martin marquer 8 paniers à 3-points », confiait Robinson après matchEn effet, son coéquipier brilla avec ses tirs derrière l’arc dont 5 réussis en deuxième mi-temps. Purdue accéda au Elite Eight (finale régionale) pour la première fois depuis 1979-1980. « Tout le monde s’attendait à ce que Glenn marque des points. Mais Cuonzo leur a donnée une poussée avec 29 points », soulignait Richard Scott, ailier de Kansas.

Les 44 points de Glenn Robinson

En finale régionale Southwest, Purdue afrfrontait les Blue Devils de Duke de Mike Krzyzewski dit coach K et Grant Hill le 26 mars 1994. Rare pour le souligner, Glenn Robinson passa carrément au travers de sa rencontre avec 13 points à 6/22 aux tirs, bien muselé par Grant Hill. C’est le total de points le plus faible de la saison pour le Big Dog. Cuonzo Martin, son coéquipier, est redescendu d’un cran aussi en marquant que 12 points. Au final, Duke a remporté ce match 69-60 et s’autorise à participer au Final Four 1994 (ndlr : défaite en finale face aux Arkansas Razorbacks de Corliss Williamson).

«Tout le monde a fait un mauvais match. Je n’ai pas choisi le bon moment pour en faire un. Or, je n’ai pas du tout honte. Au début de la saison, j’ai ouvert Sports Illustrated et Street and Smith’s. Ces deux magazines nous ont dit qu’on était la 30ème meilleure équipe du pays, 35 ème ou 29 ème. Le Chicago Tribune avant le début de la conférence avait annoncé ‘Purdue n’est pas une bonne équipe. C’est l’équipe d’un seul homme. Crois-moi. Purdue ne sera pas dans le Top 10’» , détaillait Glenn Robinson après la défaite sous-entendant que Purdue a déjoué les pronostics (source : articles.latimes.com)

Glenn Robinson avec Purdue en 1994 face à Grant Hill de Duke (c) pinterest.com

Purdue a figuré parmi le Top 8 des meilleures équipes NCAA (= les deux finalistes des 4 régions du tournoi NCAA). Malgré son match raté, Robinson signe 30,3 points de moyenne sur tout le tournoi NCAA 1994 (en 4 rencontres).

Dans l’ouvrage « Most Memorable Moments in Purdue Basketball History) l’ailier revenait sur la saison de Purdue en 1993-1994 : «Nous avons fait une sacrée saison. J’ai senti qu’on aurait pu tout gagner. Peut-être qu’il y avait de meilleures équipes que nous. Mais nous sommes allés assez loin. Plusieurs personnes nous avaient dit qu’on ne battrait pas Kansas». 

DANS L’HISTOIRE DE PURDUE

A la suite de cette défaite contre Duke, Purdue achevait sa saison 1993-1994 avec un bilan de 29 succès et 5 revers. Le Big Dog signe une deuxième saison en fac extraordinaire : 30,3 points (48,3 % aux tirs, 38 % à 3-points, et 79,6 % aux lancers-francs), 10,1 rebonds, 1,9 passe, 1,6 interception en 34 matchs. Ce sera sa dernière avant le grand saut en NBA. Ses stats globales sur ces deux belles saisons sont de 27,5 points (47,9 % aux tirs, 38,5 % à 3-points, 77,3 % aux lancers-francs), 9,7 rebonds, 1,9 passe, 1,8 interception et 1 contre. Elu joueur de l’année de la Big 12 en 93-94, Glenn Robinson devient le meilleur scoreur sur une seule saison de cette conférence avec 1030 points. Il est le 15ème joueur de l’histoire de la NCAA à scorer 1000 points et plus en une seule saison.

Glenn Robinson et ses trophées collectifs et individuels avec Purdue en 1994 (c) Nytimes com

Robinson est le huitième meilleur marqueur de l’histoire de Purdue. Il est le seul joueur à compiler au moins 1000 points, 500 rebonds, 100 interceptions, 100 passes et 50 contres en une seule saison. Il reçoit le trophée du meilleur joueur universitaire «  le John R.Wooden Award » en 1994, devenant le premier de Purdue à le recevoir depuis John R.Wooden lui-même en 1932. Tout un symbole, Robinson et Wooden portaient tous les deux le numéro 13 chez les Boilermakers. Un chiffre très porte-bonheur à l’inverse de ce qu’on peut croire. Il reçoit le United States Basketball Writers Association ( USBWA, = Oscar Robertson trophy)

En portant le maillot des Boilermakers, personne pourra dire que Glenn Robinson s’est « Purdue » dans cette université en jouant au basket.

Highlights Glenn Robinson à Purdue en 1994

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