Drazen Petrovic : Zagreb, des perfs et des titres

Avant de rejoindre les rangs de la NBA, Drazen Petrovic a prouvé qu’il était un meneur hors-pair en Europe et notamment dans son pays de naissance. A Zagreb, pendant 4 ans, avec le maillot du Cibona, il a émerveillé le monde du basket. Détails.

Né à Sibénik en Croatie, on ne compte plus le nombre de matchs joués où ce meneur a terminé un match avec une ligne de stats ahurissante. Sans aucun doute, Drazen Petrovic a autant enchanté les fans de basket, de son pays que désenchanté les défenses adverses avec toute la magie qu’il a dans ses mains dès qu’il saisit un ballon orange. Qualifié de précoce pour avoir une telle maturité dans le jeu, , Petrovic quitte le club de Sibenka Sibenik après 4 ans passés et son arrivée en 1979 pour rejoindre en 1984 le Cibona Zagreb. Après une année sans basket pour des obligations militaires, “Petro” évoluera avec son frère Aleksandar, au Cibona.

RESTER EN EUROPE

Il aurait pu rejoindre le championnat universitaire NCAA. Le coach de la fac de Notre Dame Richard Frederick “Digger Phelps tente de convaincre le jeune meneur de poser ses valises aux Etats-Unis et donc dans l’Indiana. Malgré cet appel flatteur, Petrovic veut continuer sa progression en Croatie. Son départ vers les Usa sera programmé bien plus tard quand il atterrira dans l’Oregon aux Portland Trail Blazers en 1989.

Mirko Novocel, coach du Cibona à son arrivée et en même temps président de l’équipe nationale de Croatie était ravi de la venue de ce meneur prodige et affirmait qu’il fallait injecter du sang neuf dans son effectif afin que Zagreb brille sur la scène européenne. “C’est un joueur de qualité dont nous avions besoin pour devenir une puissante équipe européenne”.

56 POINTS CONTRE SIBENIK

Hasard du calendrier, le nouveau numéro 10 de Zagreb joue son premier match avec le Cibona, face à Sibenik. Et Petrovic ne fait pas de cadeau à son ancienne équipe. Il plante 56 points. Malgré les fans lui demandant d’arrêter de scorer (” Drazen, tu es des nôtres, Drazen s’il te plait, arrêtes ca”) le meneur d’ 1m96 continuait à faire ce qu’il sait faire de mieux : briller en attaque. Sur un terrain, aucune place pour les sentiments et l’adoration. Petrovic l’a bien fait savoir après son match monstrueux en attaque contre son ancien club: “Les souvenirs sont les souvenirs. L’amour est l’amour. Sur un terrain, je ne reconnais personne. Si j’ai de la chance, je pourrais encore marquer 56 points contre eux”.

Pour sa première saison en European Champions Cup (ancien nom de l’Euroligue), avec Zagreb en 1985, il remporte cette prestigieuse compétition, la première pour le Cibona ainsi que pour lui. Au Pirée en Grèce, l’équipe croate bat le Real Madrid en finale 87-78 grâce aux 36 points de Petrovic dont 26 en seconde mi-temps. Après deux échecs en finale avec Sibenik (82 et 83 en Coupe Korac), Petrovic touche enfin le graal et le sommet en Europe avec ses premiers pas en Euroligue.

PLUIE DE STATS EN FOLIE

Une première année réussie avec le Cibona puisqu’il gagne le championnat de Yougoslavie (2-1 face à l’Etoile Rouge de Belgrade en finale, 32 points dans le Game 3, victoire 119-106) et la coupe nationale (39 points contre Split en finale, victoire 104-83). En championnat d’ailleurs, le 5 octobre 1985, il enregistre un nouveau record de points marqués avec 112 points et une réussite assourdissante aux tirs (40/60 dont 10/20 à trois points et 22/22 aux lancers francs) face au club de l’Olimpija Ljubljana.

En 1986, toujours en European Champions Cup, le Mozart du basket a notamment brillé mais aussi fait scintiller ses partenaires face à la formation italienne de Simac lors de la phase de groupe (6 équipes, les deux premiers se qualifiaient pour la finale). Petrovic finit la rencontre avec un double-double hallucinant : 47 points et 25 passes. Zagreb gagne 111-95 avec le génie de Pétrovic.

Contre le CSP Limoges, le 23 janvier 1986, il sort un récital face à la défense limougeaude alors que son équipe essuie un retard de 16 points après 13 minutes de jeu (43-27). Il aligne alors 7 paniers successifs à 3-points. Grâce à lui, le Cibona gagne ce match de 10 points (116-106). Petrovic conclut la partie avec un double-double dantesque : 51 points dont 10 paniers à 3-points réussis et 10 passes.

Zagreb atteint à nouveau la finale de l’Euroligue en 1986 et se frotte au Zalgiris Kaunas d’Arvydas Sabonis. A Budapest, en Hongrie, il marque 22 points lors de la victoire 94-82.  En finale de la coupe nationale de Yougoslavie, il plante 46 points lors du succès 110-98 face à Bosna Sarajevo.

En 1987, il score 48 points lors du Game 3 de la demi-finale face à l’Etoile Rouge de Belgrade. Mais malgré cette nouvelle performance exceptionnelle en attaque, Zagreb perdra la série 2-1. Cette année-là, le Cibona ne rentrera pas bredouille de cette saison. Elle remporte une coupe européenne, la Coupe des Coupes en battant le Scavolini Pesaro : 89-74 avec 28 points de Petrovic. En Coupe Korac, le 21 octobre 1987, il réussit son plus gros total de points dans un match européen : 62 face à Katkan. En 1988, il remporte un dernier titre avec Zagreb avant de filer au Real Madrid : la Coupe de Yougoslavie face à Jugosplatika Split (82-80).

Petrovic, pendant 4 ans à Zagreb (1984-1988), a joué 81 matchs de championnat yougoslave (Domestic League) avec des moyennes de 37,7 points. En Coupe d’Europe, toutes compétitions confondues, il marque en moyenne 33,8 points en 50 matchs.

Côtoyant son frère pendant ses quatre années, Aleksander ne pouvait qu’être admiratif du travail de son frangin, pleine d’élégance sur les terrains : ” Drazen a apporté du showtime pendant 4 ans. son jeu, c’était un chef d’oeuvre”. Surtout, Petrovic était extrêmement reconnaissant envers ses fans : “ C’est un job où vous n’avez pas l’avantage d’avoir de mauvais jours. Plus que tout, je me sens obligé envers mes fans. Vous devez rendre leur amour. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais pris un jour de congé quand j’étais sur le terrain de basket-ball. J’ai chaque match pour eux et ensuite pour moi-même et le club”.

LE SHOOT A TOUT PRIX

Petrovic faisait aussi preuve d’acharnement aux entraînements en répétant les gestes. Véritable accro au shoot, il savait bien que passer des heures aux tirs lui permettrait de progresser et d’enquiller les performances à chaque compétition. C’est ce que révèle tout particulièrement le reporter d’un journal de Zagreb, Neven Berticevic, à la suite de la défaite du Cibona en championnat en 1987. Il avait interviewé Petrovic en dehors de la salle de Zagreb et était surpris qu’il garde un ballon sur lui en sortant de sa voiture. “Mozart” lui expliquait alors qu’il fallait se perfectionner : ” Qu’est-ce qu’il y a ? Je ne peux pas m’arrêter de vivre. Le ballon ? Je l’ai toujours dans ma voiture. Et quand j’ai envie de shooter, je vais à la salle, je fais 100, 200 ou 500 tirs. Combien vais-je en tirer aujourd’hui ? Ce que je sais, c’est qu’après cet entretien, j’irai m’entraîner. Ceci n’est pas la fin du monde”. 

Réussissant à étouffer ses adversaires, Petrovic a montré qu’il était ultra dominant sur les terrains européens, très jeune pour son âge et à son poste.

Citations issues www.drazenpetrovic.com 

Les 36 points de Drazen Petrovic en finale de l’Euroligue en 1987

 Les 51 points de Drazen Petrovic contre Limoges

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