Delaney Rudd, une vie universitaire en Caroline du Nord à Wake Forest

Avant de devenir un fantastique joueur et légendaire de l’ASVEL Villeurbanne et du championnat de France de Pro A, Edward Delaney Rudd fut une pièce essentielle dans le dispositif de l’équipe de Wake Forest.

Comme une bonne majeure des joueurs professionnels, Delaney Rudd est passé par la case NCAA pour étudier et poursuivre son apprentissage au basket, discipline qu’il découvre gamin. En 1981, après avoir étudié au lycée de Hollister en Caroline du Nord, il choisit un bahut à proximité de cet Etat et de son lieu de naissance : Halifax en Caroline du Nord. Il rejoint alors l’effectif des Demon Deacons de Wake Forest, la fameuse université de la ville de Winston Salem où passeront par la suite Tim Duncan, Chris Paul, Josh Howard, ou encore Randolph Childress.

Pour sa première saison universitaire en 1981-1982, à 19 ans, il doit presque se contenter de regarder les performances de ses coéquipiers : les arrières et meneurs que sont Mike Helms, Danny Young, Guy Morgan guident l’attaque de Wake Forest. Résultat : ce fut “Rudd” et de micro stats pour ses débuts au jeune Delaney avec 1,1 point et 1 passe de moyenne en 22 matchs en tant que remplaçant en à peine 6 minutes de jeu. Cette saison-là, Wake Forest fut éliminé au deuxième tour du tournoi NCAA par Memphis State (56-55).

DELANEY RUDD SE LIBERE

Heureusement pour le natif de Halifax, Delaney Rudd évita de vivre une nouvelle saison en s’asseyant excessivement sur le banc. L’essentiel pour un jeune étudiant comme lui, c’est évidemment de jouer. Le changement, c’est maintenant. Rudd, à 20 ans, voit son temps de jeu considérablement augmenter. Le coach Carl Tacy lui accorde sa confiance et fait de lui un joueur titulaire (32 titularisations). Le meneur américain transpire bien lors de 32 rencontres en 1982-1983 et finit second meilleur marqueur des Demon Deacons, ex-aequo avec Danny Young : 12,8 points. Shootant à 52,8 % aux tirs, il ajoute à ses points, 2 rebonds et 3,1 passes en 32 minutes de jeu.

C’est un changement très significatif pour Rudd qui multiplie presque par 13 sa moyenne en attaque. C’est le jour et la nuit entre sa saison freshman et sophomore. Le temps de jeu aidant, il a parfaitement profité et utilisé ses minutes pour se montrer aux yeux du coach et lui rendre sa confiance. Rudd joua libéré et aida parfaitement ses coéquipiers à la mène pour enquiller les victoires (6 succès d’affilée lors des 6 premiers matchs de la saison régulière notamment à la Winstom-Salem Memorial Coliseum). Avec son investissement, le bilan de Wake Forest est satisfaisant avec 20 victoires et 12 défaites à la fin de la saison 1982-1983.

Au National Invitation Tournament (un tournoi qui réunit les facs qui n’ont pas pu se qualifier pour le tournoi final NCAA), Wake Forest est éliminé en demi-finale par Fresno State : 86-62.

En tant que junior, Rudd ne perd pas le fil et maintient son niveau en attaque. Efficace avec 52,8 % de réussite aux shoots, il marque légèrement plus avec 13,3 points de moyenne lors de la saison 1983-1984 en 32 minutes. Il est le deuxième meilleur scoreur derrière Kenny Green. Cet ailier, s’est carrément transfiguré en étant adroit vers le cercle. Il passe de 9 à 17,8 points de moyenne, soit le meilleur scoreur de Wake Forest devant Rudd. Green et Rudd font la paire et assure offensivement dans le schéma de jeu mis en place par coach Tacy.

Le parcours de Wake Forest en 1983-1984 a été formidable. Les jeunes basketteurs de la fac de Winstom Salem (qui ont accueilli le futur Hornet de Charlotte Tyrone Muggsy Bogues cette saison-là) ont réussi à se hisser jusqu’en finale régionale du tournoi NCAA (Région Midwest). Le 25 mars 1984, les hommes de Carl Tacy perdaient de 5 points 68-63 contre la fac de Houston à l’Arena de Saint-Louis dans le Missouri. Delaney Rudd a vu de ses propres yeux la performance grandiose de Hakeem Olajuwon pour la fac texane (29 points à 14/16 aux tirs, 12 rebonds, 2 passes, 2 interceptions et 3 contres). Rudd lui a joué l’intégralité de la rencontre alignant 12 points à 6/13 aux tirs et 5 passes.

Exempté de premier tour, avant d’être battu par les Houston Cougars, Wake Forest avait battu les équipes de Kansas et DePaul respectivement au deuxième tour (69-59, 6 points, 3 passes pour Rudd) et en demi-finale après prolongation (73-71, 12 points, 2 rebonds pour Rudd).

Pour sa dernière saison, en 1984-1985, en tant que senior, Delaney Rudd continua de faire gonfler ses stats et de perforer les défenses. Il aligna 16,7 points, 2,6 rebonds et 2,8 passes en 29 matchs et 34 minutes. La nouveauté, c’est qu’il prit 5 shoots de plus de moyenne : 15,6 contre 10,6 et 10,1 tentatives (respectivement en 1983-1984 et 1982-1983). Cette dernière année est moins bonne que les années précédentes : 15 victoires et 14 défaites.

En 114 matchs, Delaney Rudd livre des moyennes de 11,7 points à 49,5 % de réussite, 1,7 rebond et 2,5 passes.

Les franchises NBA, chaque année, scrutent les nouvelles pépites issu du championnat NCAA. Delaney Rudd séduira la franchise de Salt Lake City. Les Utah Jazz le sélectionnent en 83ème position en 1985. Il s’aguerrit en Grèce, au PAOK Salonique, pendant deux saisons avant de revêtir le maillot mauve et blanc et côtoyer le duo mythique Karl Malone – John Stockton. Mais il a dû mal à s’imposer outre-Atlantique, tout l’inverse du côté de Villeurbanne où il brillera pendant 6 saisons (1993-1999).

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